FAIRE CONSTRUIRE SA MAISON, MODE D'EMPLOI

Trois questions à christian-louis victor, président de l’union des maisons françaises.

Comment percevez-vous le marché de la maison individuelle ?

Christian-Louis Victor. Ce marché se tient assez bien, dynamisé notamment par les primo-accédants. De mai 2009 à mai 2010, la croissance, en matière de commercialisation, s’est faite à deux chiffres. Et toutes les régions ont bénéficié de cette croissance que ce soit le Nord, l’Île-de-France, la région Paca, le Languedoc-Roussillon, la Bretagne... En juin, en revanche, la demande s’est ralentie. En terme de ventes, pour l’année 2009, 170 000 unités ont été commercialisées. En 2010, on devrait atteindre 185 000 unités, ce qui reste néanmoins loin des 205 000 ventes réalisées en 2006. Coté prix, les constructeurs ont fait un effort. Ils ont aussi construit des maisons plus petites de 5 à 6 pièces, passant de 114 m2 à 102 m2 pour les rendre accessibles aux primo-accédants. Les constructeurs de maison haut de gamme ont aussi tenu leurs prix, sous réserve de n’avoir pas mis trop de panneaux photovoltaïques et de chauffe-eau solaires dont les prix restent élevés.

La maison individuelle a-t-elle été à la pointe de la « basse consommation » ? Qu’en est-il aujourd’hui et sur quels points mettez-vous particulièrement l’accent ?

C-L.V. Les constructeurs ont pris le virage du BBC bien avant les promoteurs et le Grenelle, en répondant à l’appétence des clients. Le premier logement BBC est sorti en Alsace voici 18 mois, bien avant l’obligation de les construire avec des normes dès le 1er janvier 2013. Certains constructeurs conçoivent d’ailleurs déjà 50?% de leur production en BBC. En tant qu’Union des maisons françaises, nous recommandons à nos adhérents de se pencher en priorité sur l’isolation de la maison, sur la porosité à l’air des murs, des combles, du toit et sur l’isolation thermo-acoustique pour réduire les ponts thermiques. Ce sont des mesures importantes qui, de plus, entrent en ligne de compte lors de la revente, le diagnostic de performance énergétique (DPE) étant alors obligatoire.

Le baromètre Union des maisons françaises/CSA montre que l’un des freins à l’achat est le contexte de l’emploi. Quelle est votre analyse ?

C-L.V. Le climat économique et les affaires de ces derniers mois pèsent sur les achats et d’ailleurs, en juin, nous avons constaté une baisse de la demande. Pour se lancer dans l’aventure, les acquéreurs ont besoin d’une lisibilité qui passe par des aides directes comme le renforcement du prêt à taux zéro, mais aussi d’une assurance perte d’emploi efficace, garantissant le remboursement des échéances.

Posté le 18/08/2010