INVESTIR EN SCELLIER, MODE D’EMPLOI

Trois questions à guy portman, vice-président de la fédération des promoteurs-constructeurs.

AVANT LA FIN DU SCELLIER, MOUTURE 2009/2010, QUELS CONSEILS DONNER AUX INVESTISSEURS?

Guy Portman. Le Scellier actuel, valable jusqu’à la fin de l’année était, rappelons-le, adossé au plan de relance initié début 2009. Son objectif était, et est toujours, de développer la construction neuve, de réapprovisionner le marché locatif libre afin de le fluidifier tout en donnant aux investisseurs un avantage fiscal attractif de 25?%. Sans ce dispositif, il est indéniable que toute la chaîne de la construction aurait été fragilisée. Et ce dispositif est une vraie réussite parce qu’il est tout à fait lisible avec la réduction d’impôt de 25?% répartie sur neuf ans pour un achat annuel ne dépassant pas 300 000 €. En 2009, sur 106 000 logements neufs vendus, l’achat à titre d’investissement représente plus de 60?%. Les investisseurs ont donc bien saisi l’opportunité de ce dispositif qui permet de conjuguer achat patrimonial, complément de revenus lors de la retraite et attrait fiscal.

QUEL PEUT ÊTRE L’IMPACT DE LA FIN ANNONCÉE DE LA LOI SCELLIER VERSION 2010?

G.P. D’ici la fin de l’année, il est probable que les investisseurs ne s’étant pas encore décidés à franchir le pas vont le faire pour profiter de l’aubaine de la réduction d’impôt à 25?%. Les ventes ont des chances d’aller bon train d’ici le 31 décembre. Cela dit, investir dans la pierre ne se résume pas à une incitation fiscale aussi attractive soit-elle. La pierre n’est pas un placement financier et l’investisseur en Scellier doit prendre en compte l’emplacement et la qualité du bien mais aussi le marché locatif local.

LA RÉVISION DU SCELLIER PEUT-ELLE FREINER L’INVESTISSEUR?

G.P. Concernant le réaménagement des loyers prévus pour 2011 et annoncé par le ministre, rien de dramatique. Les loyers, dans la plupart des villes et sur la plupart des typologies de logements, vont mieux coller aux loyers pratiqués. Les études réalisées par la fédération montrent que la légère baisse des loyers ne remet pas en cause l’effort d’épargne de l’investisseur et va permettre, dans certaines zones, de louer plus facilement. Le fameux « rabotage » fiscal n’est pas encore très précis. Toutefois, l’investisseur se trouve gagnant dans la mesure où il se projette pour un long terme dans cette valeur refuge qu’est la pierre. À condition de ne pas être trop focalisé sur la fiscalité.

Posté le 29/09/2010