IL FAUT ALLER À L’ESSENTIEL : LE BESOIN DE LOGEMENT

Le marché de l'immobilier neuf est plutôt morose, mais jean-philippe bourgade, président de bouwfonds marignan immobilier, reste optimiste. il met l'accent sur les points forts de la france et conçoit des produits au plus près des besoins.

ÊTRE PRÉSENT SUR TOUS LES MARCHÉS DU NEUF, EST-CE UN AVANTAGE OU UN INCONVÉNIENT ?

Jean-Philippe Bourgade : Pour nous, c'est un avantage, et c'est notre stratégie de développement. Le succès de Bouwfonds Marignan Immobilier repose sur la diversification de ses activités et sur une offre multiproduit. Nous répondons à l'ensemble des besoins, tant en immobilier d'entreprise qu'en habitat, notre coeur de métier. Nous déclinons notre savoir-faire vers des résidences services loisirs, affaires, étudiants, seniors... Cette stratégie nous permet de nous adapter aux évolutions du marché et de répartir les risques, un secteur pouvant jouer le rôle d'amortisseur lorsqu'un autre faiblit. Nous avons, en outre, concentré notre offre sur les grandes zones urbaines et les métropoles régionales, qui résistent mieux à la crise que les villes de taille moyenne. Nos implantations de proximité et nos équipes locales assurent le succès de cette stratégie.

ÊTRE FILIALE D’UNE BANQUE, EST-CE UN ATOUT ?

J.-P. B : Notre activité étant dépendante de l'économie, c'est un avantage considérable. Je me félicite de l'appui de notre actionnaire unique, Rabo Real Estate Group, l'un des leaders de la promotion immobilière en Europe et filiale de Rabobank, l'une des banques privées les mieux notées au monde. Rabobank garantit nos engagements, donc fiabilise et crédibilise nos démarches. Ceci nous confère une sécurité et une légitimité dont peu de promoteurs peuvent se prévaloir et apporte à nos acquéreurs la confiance dont ils ont besoin.

VAUT-IL MIEUX MAÎTRISER LES COÛTS DE CONSTRUCTION OU NE RIEN SACRIFIER AU DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

J.-P. B. : Nous sommes le premier promoteur immobilier français à avoir été certifié NF Logement démarche HQE® (haute qualité environnementale). Et notre actionnaire est l'un des pionniers en matière de protection de l'environnement aux Pays-Bas, impliqué dans le développement durable depuis 1973. Sous cette influence, nous avons été en avance sur la réglementation environnementale dans nos activités résidentielle et tertiaire. Mon ambition est de maintenir cette avance. Nous venons de lancer trois opérations en bâtiments passifs. Pour moi, l'augmentation des matières premières n'est guère perceptible sur les coûts de construction. Quant au BBC, son impact technique est moindre s'il est prévu dès le départ. Nous construisons depuis 2009 des logements BBC, nos équipes ont acquis les savoir-faire et le surcoût est faible puisque notre engagement a été pris de longue date.

VOTRE STRATÉGIE FACE À LA BAISSE DES VENTES DANS LE NEUF ?

J.-P. B. : La baisse était prévisible, elle était même inscrite dans les textes, mais la fin du dispositif Scellier s'ajoute aux effets d'une crise qui dépasse la sphère de l'immobilier. Les chiffres devraient confirmer la perte de la moitié des investisseurs en 2012, et 5 à 10 % de baisse pour le marché de la résidence principale. En attendant les prochaines mesures gouvernementales, nous continuons à concevoir des produits au plus près des attentes. Nous sélectionnons les zones urbaines de préférence aux péri-urbaines, à TVA réduite et équipées de bons réseaux de transports en commun. Il ne faut pas être alarmiste. Même s'il y a moins de ventes, les fondamentaux du marché sont solides : les Français sont peu endettés, il n'y a pas de crise des subprimes, la demande de logement n'est pas artificielle, elle correspond à de vrais besoins. Le climat actuel engendrant un certain attentisme, il faut aller à l'essentiel : le besoin de se loger. Et ce que les clients réclament, c'est un bon projet, au bon endroit, sur un bon terrain, avec des plans fonctionnels.

QUE PENSEZ-VOUS DES INTENTIONS GOUVERNEMENTALES ?

J.-P. B. : Elles sont bonnes : favoriser l'investissement locatif des particuliers face à la pénurie de logements est une bonne politique. Mais des incertitudes demeurent concernant le dispositif Duflot, notamment en matière de zonage et de plafonnement des loyers. Je pense que la pierre restera une valeur refuge, même avec un faible rendement. Il faut être conscient que toute politique prendra du temps à se mettre en place. Quand on sait qu'il faut vingt à vingtdeux mois pour construire un programme BBC... Le temps de l'immobilier n'est pas celui d'un mandat électoral. Par ailleurs, je regrette que rien ne soit prévu en faveur de l'accession à la propriété dans la loi de finances pour 2013.

VOS PRÉVISIONS POUR 2013 ?

J.-P. B. : Ne nous montrons pas pessimistes ! La France est la cinquième puissance mondiale. Nous avons du potentiel et des ressources. L'année sera peut-être difficile pour notre profession, mais le marché va s'infléchir. Comme citoyen, j'ai envie de dire : prenons les décisions, avançons vite !

Posté le 20/01/2012