LES FONDAMENTAUX DU MARCHÉ IMMOBILIER RESTENT SOLIDES

Sur le marché résidentiel neuf, les ventes ont baissé au premier semestre 2012. guy nafilyan, pdg de kaufman et broad, commente l'actualité et se montre rassurant.

LE MINISTÈRE ANNONCE UN RECUL DES VENTES DE 14 % DANS LE NEUF...

Guy Nafilyan : La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), qui couvre plus de 82 % du marché du logement neuf, avance de son côté le chiffre de -24 % au premier semestre par rapport à la même période en 2011. Cette distorsion entre les chiffres s'explique par la façon de comptabiliser les réservations. Les professionnels établissent les ventes réalisées chaque semestre en tenant compte des désistements. Ils publient donc un chiffre portant sur les ventes nettes, tandis que le ministère publie, apparemment, un chiffre qui tient compte des ventes brutes. Pour 2012, la FPI table sur la commercialisation de 75 000 logements neufs en France, contre 110 000 en 2011.

UNE BAISSE DE MAUVAIS AUGURE ?

G. N. : Tout n'est pas négatif aujourd'hui. Les fondamentaux du marché immobilier restent solides car l'offre commerciale, de l'ordre de 60 000 logements actuellement, demeure très en deçà des besoins des ménages. Autre élément positif, en France, contrairement à beaucoup d'autres pays européens, nous n'avons pas de stocks physiques, c'est-à-dire de logements achevés non vendus. En outre, les taux d'intérêt pratiqués par les organismes de crédit sont encore extrêmement attractifs, c'est un facteur important.

ET POUR KAUFMAN ET BROAD ?

G. N. : L'activité continue à être soutenue. Actuellement, nous construisons quelque 15 000 logements en France. Nous poursuivons notre développement sur le marché des résidences de services, en faveur notamment des étudiants et des seniors, car c'est un secteur qui bénéficie encore d'une aide à l'investissement significative.

FAUT-IL S'ATTENDRE À UNE BAISSE DES PRIX ?

G. N. : Dans la mesure où les stocks sont quasi inexistants, l'offre faible et la demande soutenue, les conditions ne sont franchement pas réunies pour cela.

DES ÉCHOS POUR LE FUTUR ?

G. N. : Je pense que nous avons tous les mêmes échos. Le gouvernement travaille apparemment à une amélioration du PTZ+ afin de mettre en place un dispositif plus efficace pour les primo-accédants. En ce qui concerne le dispositif destiné à favoriser l'investissement locatif privé, Mme Duflot vient d'en fixer les contours. Il a pour objectif de mettre sur le marché des logements dont le loyer serait inférieur de 20 % par rapport au marché de référence.

PENSEZ-VOUS QUE CETTE MESURE VA DANS LE BON SENS ?

G. N. : En l'état, ce dispositif n'atteindra pas les objectifs fixés. Une baisse de 20 % des loyers entraîne mécaniquement une baisse de 20 % des prix de vente. Si l'on tient compte du marché, des promesses de vente détenues par les promoteurs et de l'évolution des coûts de construction, ceci est impossible. Il faut espérer que ce dispositif sera revu pour tenir compte des réalités.

EN BREF, LE FUTUR DISPOSITIF DUFLOT

Pour un investissement maximal de 300 000 euros, le taux de réduction d'impôt devrait être compris entre 17 % et 20 % (étalé sur neuf à douze ans), avec un éventuel bonus pour les logements HPE (haute performance énergétique). De plus, le découpage des zones sera plus restrictif et les locataires seront soumis à conditions de ressources. Quant aux montants des loyers, leurs limites n'ont pas encore été fixées, mais elles pourraient être de 20 % en dessous des prix du marché.

SON PARCOURS

1945 : naissance, le 1er février, à Vernon (Eure).
1971 : avocat près la cour d'appel de Paris.
1977 : directeur général de Kaufman & Broad.
1983 : président de Kaufman & Broad France.
1986 : Senior Vice President de Kaufman & Broad Home Corporation, société mère de Kaufman & Broad France.
1992 : Executive Vice President de Kaufman & Broad Home Corporation.
2000 : introduction de Kaufman & Broad SA à la Bourse de Paris.

Posté le 20/01/2012