QUOI DE NEUF ?

En 2013, le marché résidentiel neuf devrait être soutenu par les ménages qui achètent pour se loger. et si le ptz perdure, les primo-accédants auront tout intérêt à investir.

L'ANNÉE 2012 TOUCHE À SA FIN, QUEL PREMIER BILAN EN TIREZ-VOUS ?

Christian Rolloy : Sans surprise, les ventes sur le marché résidentiel neuf ont accusé une baisse de l'ordre de 20 % cette année, et ce principalement en raison du fort ralentissement des investissements locatifs privés. Avec un retrait de 6 % par rapport à 2011, le groupe Promogim s'en tire relativement bien. Nous ne commercialisons pas de produits « purement investisseur ». Depuis longtemps, notre stratégie est de répondre avant tout aux besoins des résidents de nos réalisations. De mon point de vue, on n'achète pas un avantage fiscal : ce que l'on achète, c'est de l'avenir et de l'espoir.

COMMENT S'EXPLIQUE LE RETRAIT DES INVESTISSEURS PRIVÉS ?

C. R. : Par de multiples raisons : l'amoindrissement de l'avantage Scellier, mais aussi l'augmentation importante de la fiscalité, les incertitudes concernant l'avenir, l'accroissement des risques locatifs... En revanche, si j'en juge par nos résultats, les acheteurs de résidences principales ont été très actifs en 2012, et plus nombreux qu'en 2011. C'est ce public qui a en partie compensé la frilosité des investisseurs bailleurs, notamment grâce au PTZ+ et aux taux d'intérêt restés extrêmement bas.

ET EN MATIÈRE DE PRIX ?

C. R. : En 2012, les prix du neuf se sont stabilisés après les hausses importantes accusées ces dernières années du fait de l'augmentation du coût de la construction (normes BBC, inflation des matières premières...). De légères baisses de prix ont toutefois été relevées ça et là, notamment dans les villes où les investisseurs étaient très présents, et bien sûr en dehors des zones tendues.

QUEL FUTUR POUR L'INVESTISSEMENT LOCATIF EN 2013 ?

C. R. : Si les investisseurs sont aujourd'hui en retrait, c'est que les signaux qui leur sont envoyés sont négatifs. La décision d'investir dépend avant tout de la confiance en l'avenir puis, en second lieu seulement, des avantages fiscaux accordés. Poids fiscal croissant, réglementation des loyers, incertitudes économiques... En 2013, les investisseurs devraient rester sur la réserve car les blocages vont subsister. Nous devrions connaître une année de production très inférieure aux besoins. Ceci étant, l'avantage fiscal Duflot paraît aujourd'hui bien positionné et le travail réalisé par le gouvernement positif. Mais son impact sera forcément limité si la confiance n'est pas au rendez-vous.

ET POUR L'ACCESSION À LA PROPRIÉTÉ ?

C. R. : Ce n'est pas une nouveauté : il y a un fort déficit de logements en France, les besoins sont importants et la demande devrait donc rester soutenue sur le secteur de la résidence principale. J'espère que le PTZ va subsister, c'est un coup de pouce extrêmement important en faveur des primo-accédants. L'autre facteur positif, c'est que les taux d'intérêt devraient rester bas l'an prochain. Les acquéreurs potentiels auront tout intérêt à en profiter et ce sont eux qui porteront le marché du neuf en 2013.

LE PRONOSTIC DES NOTAIRES

Le volume des ventes escompté pour 2012, soit 75 000 logements collectifs neufs en secteur groupé, devrait être atteint. Pour 2013, les notaires augurent que les ventes à investisseur ne devraient pas dépasser 40 000 unités, du fait notamment de l'exclusion de la zone B2 du futur dispositif Duflot. Les promoteurs devront donc bel et bien compter sur les propriétaires-occupants pour soutenir le marché en 2013.
Source : Note de conjoncture des notaires, octobre 2012.

CHRISTIAN ROLLOY EN BREF

1935 : naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
1968 : création de Promogim.
1986 : acquiert la totalité du capital, aujourd'hui partagé avec ses enfants présents dans l'entreprise.
2002 : reprise de la société Franco Suisse Bâtiment.
2007 : acquisition d'Immopierre, promoteur basé en Bretagne Sud.

Posté le 20/01/2012