L’assurance-vie au secours de l’immobilier ?

immobilier neuf

financer la construction de logements par une partie de l’assurance-vie


 

Le 1er février dernier, François Hollande, lors d’une visite à Ermont-Eaubonne (Val d’Oise), annonçait un « pacte » avec tous les acteurs du logement et faisait part de son idée d’utiliser une partie des encours de l’assurance-vie pour financer la construction de logements. Reprise et précisée par le Ministre du Budget et le Ministre des Finances, cette proposition fait l’objet d’une étude dont le rapport devrait être rendu prochainement.

 

« Faire construire 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, dont 150 000 logements très sociaux » : tel était l’engagement de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Avec seulement 300 000 chantiers ouverts en 2012 pour la construction de logements neufs, on est pourtant bien loin des 500 000 chantiers annuels nécessaires pour tenir cette promesse électorale. C’est pour lutter contre la pénurie de logements et la hausse des prix de l’immobilier que le Président a émis l’idée de financer une partie de la construction des logements par l’épargne privée.

 

Orienter l’épargne vers l’immobilier

 

« Nous avons besoin d’investissements privés » a expliqué le Chef de l’Etat, en précisant qu’il ferait « appel aux investisseurs institutionnels, tout ce qui est assurance-vie, pour qu'il y ait une meilleure orientation de l'épargne pour faire de l'immobilier ». Souvent évoquée par les professionnels de l’immobilier, cette solution permettrait de mettre une partie des revenus fiscaux de l’assurance-vie au service de l’immobilier, pour apporter les capitaux nécessaires à la construction de millions de logements neufs.

 

Lors des Rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité du 6 février, Jérôme Cahuzac, Ministre du Budget, a précisé que le montant total des encours de l’assurance-vie était de 1 400 milliards d’euros, et que seule « une dizaine de milliards d’euros, pas au-delà » servirait au financement de projets immobiliers à usage d’habitation. Il a également souligné que ce dispositif permettrait de faciliter l’accès au logement sans pour autant impacter le pouvoir d’achat des Français.

 

Ne pas « écorner » l’assurance-vie

 

L’assurance-vie reste le produit d’épargne préféré des Français : elle constitue l’un des placements à long terme les plus avantageux. Interviewé par France Inter, le Ministre de l’Economie Pierre Moscovici se voulait rassurant et confirmait aux épargnants qu’ « il ne s’agit pas d’écorner le produit vedette et aimé des Français » et que ce placement « très avantageux (…) le restera ».

 

D’après le Gouvernement, une telle mesure ne devrait donc pas changer la nature et les avantages de l’assurance-vie, mais simplement favoriser l’affectation des sommes déposées sur ces contrats, sur des projets immobiliers.

 

Aucune décision définitive n’a encore été prise pour l’instant, même si cette piste semble se préciser. Le Gouvernement attend la remise d’un rapport sur l’épargne longue par Karine Berger et Dominique Lefebvre, députés socialistes. Interrogée par l’AFP, Karine Berger a toutefois affirmé qu’il faudrait « faire en sorte que le ciblage de l'épargne des Français aille le plus possible vers le financement des entreprises et des PME » : assureurs et épargnants attendent donc avec impatience les conclusions du rapport dans les jours à venir.

Posté le 19/04/2013