Neuf: révision à la hausse du nombre officiel de mises en chantier

chantier immobilier neuf
Le ministère du Logement a revu ses statistiques à la loupe, mettant à jour un «oubli» de dizaines de milliers de mises en chantier de logements neufs depuis 2009. Une nouvelle méthode de calcul et de nouveaux indicateurs ont été mis au point pour corriger le tir.
 
 

Plus de 200 000 logements «oubliés» par le gouvernement

 
Si l’on en croit les derniers chiffres actualisés par le ministère, la crise du secteur du neuf n’aurait pas été aussi prononcée qu’on le pensait. La construction de logements neufs ne serait finalement pas passée sous la barre des 300 000 unités, d’après le dernier rapport du gouvernement. En ajoutant les 58 000 logements qui seraient passés à la trappe en 2014, le nombre de mises en chantier remonte à 354 000 sur l’ensemble de l’année. La révision ne s’arrête pas à 2014 et revient sur les chiffres qui avaient été annoncés depuis plusieurs années. Ainsi, 70 000 logements ont été oubliés en 2013, 52 000 en 2012 et encore 1 600 en 2011. Un chiffre moins important sur cette dernière année car des révisions avaient été opérées entre 2009 et 2010. Au final, ce sont plus de 200 000 logements «oubliés» dans les statistiques depuis 2009 qui ont pu réapparaître grâce aux nouveaux indicateurs mis en place et réalisés en concertation avec l’INSEE.
 
L’ancienne méthode de calcul, qui se basait sur le nombre de permis de construire, ne permettait pas «un décompte immédiat», selon le ministère du Logement. En effet, une fois le permis obtenu, la mise en chantier peut mettre jusqu’à plusieurs années pour s’opérer, sans compter les projets abandonnés en cours de route. Le service Statistiques se trouvait donc face à un grand nombre de permis de construire octroyés, mais ne savait pas si les projets avaient abouti ou non. Le délai de collecte a été lui aussi en cause. En effet, il faut compter 2 mois minimum pour le décompte des permis de construire et 5 mois minimum pour les déclarations de mise en chantier. La réforme du droit des sols en 2007 avait aussi amplifié le phénomène de part la décentralisation du traitement des données, augmentant encore le délai d’acheminement des informations.
 
 

Une cohérence restaurée

 
A la suite de l’annonce officielle, les réactions des professionnels du secteur n’ont pas tardé. Ainsi, Christian Louis-Victor, Président de l’Union des Maisons Françaises, croit en une meilleure fiabilité de ces nouvelles données puisque «si la chute d’activité des constructeurs de maisons individuelles avait été de l’ampleur qui ressortait des anciennes statistiques, on aurait eu plus de dépôts de bilan que ce que je vois en régions», a-t-il annoncé. Dans un communiqué, la Fédération Française du Bâtiment (FFB), qui soulignait déjà un décalage depuis plusieurs années, a elle aussi salué une «réconciliation des données du secteur». Des chiffres qui, bien que revus à la hausse, restent malgré tout loin des objectifs fixés par François Hollande.
 
En complément de la mise en place de ces nouveaux indicateurs, d’autres pistes d’actions sont également à l’étude pour améliorer encore davantage la collecte des données et les statistiques du ministère du Logement. 
 

Posté le 02/09/2015