CONSTRUCTION, LE NEUF REPREND DES COULEURS

Les ventes de logements neufs ont nettement augmenté en 2015 et laissent augurer un bon cru pour 2016. Prêt à taux zéro, dispositif Pinel et emprunt bas, tels sont les ressorts de la reprise.

Est-ce l'embellie sur le marché du neuf ?

En première lecture, les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) semblent le confirmer. En 2015, les ventes de logements neufs ont atteint 122 781, soit une nette croissance par rapport à 2014 (+ 13,6 %). Un coup d'oeil en arrière montre, toutefois, qu'il existe de réelles disparités. En effet, avec près de 50 000 logements écoulés, les ventes aux investisseurs enregistrent un bond de 43,8 % tandis que celles aux ménages en accession reculent de - 1,7 %. Comment expliquer ces différences ? Le retour des investisseurs est, selon la FPI, la conjonction de trois facteurs : le dispositif Pinel, qui permet, désormais, aux acquéreurs de louer leur bien à des proches pendant six, neuf ou douze ans, avec une réduction d'impôt modulée selon cette durée ; la stabilité des prix, associée à des taux d'emprunt très bas ; l'environnement économique, perçu comme plus favorable, avec une hausse du PIB de 1,1 %, en 2015. Les primo-investisseurs, notamment, ont pu, ainsi, profiter de cette combinaison favorable.

Le léger recul des ventes de biens neufs aux ménages en accession peut s'expliquer par l'attente, fin 2015, des annonces d'adaptation du PTZ. Étendu, depuis le 1er janvier 2016, quasiment à la totalité du territoire, disposant d'un plafond rehaussé à 40 % du prix du bien et allongé à 20 ans, il est espéré par les professionnels comme un élément déclencheur d'achat pour ces ménages, tout au long de 2016. Les perspectives de vente paraissent, en effet, meilleures, cette année, où les éléments incitateurs se cumulent.



Une pénurie de l'offre ?

La Fédération de la promotion immobilière (FPI) s'inquiète d'une production de logements neufs insuffisante, inférieure en tout cas au rythme de croissances des ventes, même si janvier et février 2016 laissent entrevoir une amélioration. La FPI plaide auprès des pouvoirs publics pour libérer des terrains et limiter les recours.



Une production à adapter aux besoins.

Toujours selon la FPI, la typologie de logements imposée par les collectivités locales ne correspond pas toujours à la demande. La Fédération fait, ainsi, observer que trop de grands logements viennent gonfler le stock des opérateurs et pèsent sur leur capacité de financement. Le décalage entre l'offre et la demande pour les 4 pièces serait, ainsi, de 21 %.


Posté le 06/06/2016