Colocation : Viens chez moi, j'habite chez une copine...

collocation

La colocation... tout le monde s'y met. Elle n’est plus réservée aux étudiants, c'est une solution à la crise du logement que même les seniors adoptent... Mais en pratique, comment s'y prendre ?


Colocations entre seniors, pour vieillir ensemble et récréer un lien social; colocations entre familles monoparentales, pour s'entraider et créer des liens nouveaux; colocations entre adultes de la même tranche d'âge, pour ne pas s'ancrer dans la solitude et partager le loyer, mais aussi le quotidien... Et même, colocations intergénérationnelles, entre étudiants et octogénaires – les premiers bénéficiant ainsi d'un loyer réduit, les seconds d'une présence et d'une aide pour les tâches quotidiennes... La colocation connait actuellement un vrai boom et se marie à toutes les sauces ! Elle a tant de succès qu'elle vient même de trouver son statut légal avec la loi Alur, qui organise pour la première fois les modalités du contrat, limite à six mois la solidarité du colocataire sortant et de sa caution solidaire, et permet de choisir entre les charges réelles et des charges forfaitaires.
Cela vous tente ? Voici les grandes étapes à suivre pour réussir votre colocation...

Trouvez votre colocataire

Vous pouvez vous fier au bouche-à-oreille, passer une petite annonce, ou encore vous inscrire sur l'un des nombreux sites spécialisés dans la colocation : Ma piaule.com, Appartager.com, Weroom, Roomlala... ils vous promettent de trouver rapidement colocataire idéal. L'un d'eux organise même hebdomadairement, à Paris, des « Apéros Coloc », pour recruter son futur "coloc" autour d'un verre !  Et Weroom, qui publie un index des prix à la colocation dans plusieurs grandes villes de France, vous permet aussi de prévoir le montant de votre loyer partagé !

Entendez-vous sur les termes de la colocation

- Etablissez un budget prévis des dépenses en incluant le téléphone, l’électricité, internet… et déterminez qui sera responsable du règlement de chaque facture.

- Etablissez aussi d'emblée un planning pour fixer un tour de rôle des tâches ménagères, mais aussi pour que chaque colocataire soit informé de l'emploi du temps et des horaires des autres; un pré-requis indispensable pour mieux organiser une vie en commun.

Signez le bail

- Les colocataires peuvent signer un seul contrat (bail collectif) ou autant de contrats qu'il y a de locataires. Idéalement, mieux vaut prendre une assurance collective pour l'ensemble des colocataires (mêmes garanties pour chacun); mais on peut aussi prendre une assurance individuelle pour chacun.

- Si chacun des occupants est mentionné en tant que colocataire au bail c'est une colocation officielle et légale qui permet de bénéficier des aides au logement de la CAF. Dans le cas contraire, il s'agit en fait d'une sous-location, qui n'ouvre aucun droit aux colocataires non mentionnés dans le bail, qui n'existent pas au regard de la loi.

- Prévoyez une clause de solidarité : prévue par la loi Alur, elle implique que chaque colocataire est responsable de l’ensemble des obligations du bail. Ainsi en cas de non-paiement du loyer, le bailleur pourra réclamer le paiement de l’intégralité des loyers qu’à un seul des colocataires solidaires. Donc si l’un d’entre eux ne paie pas sa part, le propriétaire peut se retourner contre les autres colocataires pour exiger la somme due ! En cas de départ d’un des coloc, la loi Alur prévoit que cette clause de solidarité s’arrête maximum au bout de 6 mois.

Et si les choses changent ?

- L'un des colocataires s'en va : si la clause de solidarité a été signée, il reste néanmoins engagé vis-à-vis du bailleur jusqu'à la fin du contrat. En l’absence de clause de solidarité inscrite sur le bail, les autres colocataires devront payer l’intégralité du loyer,  en vertu de l’article 1222 du Code Civil : "Chacun de ceux qui ont contracté conjointement une dette indivisible en est tenu pour le total, encore que l’obligation n’ait pas été contractée solidairement".

- Le bail prend fin : attention, la lettre de résiliation du bail n’est valable que si elle est signée par tous les colocataires. Si le bail expire de lui-même, le propriétaire n'est nullement obligé de le renouveller. Il n'est pas non plus tenu de restituer le dépôt de garantie en autant de parts qu’il y a de colocataires. Il lui suffit de verser cet argent à l’un d’entre eux, à charge pour celui-ci d’organiser le partage de la somme.

 

 

Posté le 12/12/2016