4 pistes pour financer son projet de rénovation

Renovation

Entamer des travaux pour rénover sa maison. Oui, mais… Pour quel coût ? Car tous les projets semblent prohibitifs. Il existe pourtant des solutions de financement accessibles : revue de détail.

 

Lors de la troisième édition du Salon de la Rénovation, qui avait lieu à la fin janvier à la porte de Versailles, à Paris, les visiteurs ont été nombreux (plus de 35 000 personnes !) à venir s'informer : faire des travaux chez soi, c'est le vœu de nombreux propriétaires !  A cette occasion, une étude exclusive réalisée par Yougov pour PAP* a révélé qu'ils sont 54% à souhaiter améliorer leur logement par des travaux pour le rendre plus confortable, plus adapté à leurs besoins ou plus économe en énergie. Mais le financement de leur rénovation est souvent l'écueil principal : 61 % des propriétaires concernés affirment aussi  que les considérations budgétaires sont le premier frein à la réalisation de leur projet. Et dans l'ensemble, ils sont 78% à estimer qu'ils manquent du budget nécessaire pour lancer leurs travaux. Pourtant, "les aides sont nombreuses et l’Etat a développé une politique volontariste dans ce domaines", souligne Pascal Tournier, Commissaire Général du Salon de la Rénovation. Trop souvent, on ignore qu'un coup de pouce est possible : voici les pistes et astuces à connaître.

  • Faites le tour des aides
    Les propriétaires peuvent bénéficier, sous certaines conditions, de l'éco-prêt à taux zéro et des nombreuses  subventions ou prêts aidés accordés par l'ANAH, l'ADIL, la CAF pour ses allocataires (dispositif Habiter Mieux, ndlr). Renseignez-vous auprès de ces organismes, ainsi que sur le site de l'éco-PTZ. Ces aides  sont généralement cumulables avec les crédits que vous pouvez obtenir auprès d'un établissement bancaire. Mais attention, tous sont soumis à certaines conditions (de ressources, notamment) et financent des rénovations énergétiques : c'est l'inconvénient des prêts aidés, ils sont très segmentés, si vous souhaitez réaliser un aménagement de confort, refaire la déco ou les peintures, ça ne marchera pas ! Il faut que les travaux visent à rendre la maison moins consommatrice en énergie.
     
  • Financez vos travaux dans le cadre d'une renégociation de crédit
    C'est un bon conseil de Philippe Taboret, Directeur Général adjoint de la CAFPI *, qui co-animait une conférence sur le financement lors du Salon de la Rénovation : "Ceux qui sont déjà propriétaires peuvent très bien envisager cette voie  : on rachète la dette, on y ajoute le montant des travaux, et on fait ainsi bénéficier l'emprunteur de taux immobiliers  qui restent extrêmement bas, entre 1 et 2% selon la durée."
     
  • Demandez un prêt personnel de travaux.
    Il est distribué par tous les établissements bancaires : on peut emprunter jusqu'à 10 ans et jusqu'à 70 000 euros, en général, sans garanties. "Ces crédits ne sont pas très difficiles à obtenir, même sans apport, même s'il faut évidemment que vous soyez solvables. Si vous êtes au taux limite d'endettement, mais que vous êtes sur une fin de crédit, par exemple, ce sera quand même accepté facilement", assure Philippe Taboret. Quand aux travaux financés dans le cadre d'une renégociation de crédit immobilier, les conditions sont particulièrement propices actuellement, puisque malgré la légère remontée actuelle des taux, ces derniers restent faibles. On  arrive encore à trouver des taux très bas et cela pourrait se dégrader seulement au deuxième semestre 2017 : c'est donc le moment d'emprunter et de se lancer dans son projet de rénovation !
     
  • Pensez au prêt hypothécaire
    Il peut être plus intéressant que le prêt personnel, si le budget des travaux envisagés est élevé – dans le cas d'une extension, par exemple. On obtient alors les taux du prêt immobilier, mais il faudra prendre une garantie sur les biens. Philippe Taboret souligne tout l'intérêt de cette alternartive trop souvent méconnue : "L'hypothèque représente environ 2% du montant du prêt, incluant les frais de notaire. Sur un gros montant, vous y gagnez par rapport à un prêt à la consommation qui va se négocier autour de 3 à 4%, contre 1 à 2% actuellement pour les prêts immobiliers."

 

Brigitte Valotto

 

*Sondage Yougov réalisé en ligne sur 2006 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus,  du 5 au 7 décembre 2016.

* *Société de courtiers en prêts immobiliers

Posté le 09/02/2017