Une maison à la campagne… Peut-elle vous faire vivre ?

maison a la campagne

Pour les Français, le bonheur est dans le pré : près le la moitié d'entre eux rêvent de vivre à la campagne, certains poussent même le rêve jusqu'à vouloir y vivre en autosuffisance :  est-ce vraiment possible ?

 

Alors que s'achève à Paris le Salon de l'Agriculture, rêverions-nous tous de devenir agriculteurs ? Les Français semblent revenir à leurs racines... et notre pays reste majoritairement rural : la campagne représente 70% de notre territoire, ceux qui y vivent, 25% de la population ! Et beaucoup de ceux qui n'y vivent pas encore y aspirent : 44% d'entre nous rêveraient de s'installer en milieu rural, selon une vaste et récente enquête Nielsen sur les aspirations des Français (janvier 2016).

Cultiver pour économiser...

Tout quitter pour vivre au vert... et si on en profitait pour cultiver son jardin ? De plus en plus de Français sont adeptes du jardinage (près de 90% se disent adeptes)*, tant pour des raisons économiques qu'écologiques : sachant qu'un ménage consomme environ 83 kg de légumes par an ,et dépense environ 185 €, un potager de 10m2 pourrait vous faire réaliser 30 à 50% d'économies par an*; tout en vous assurant de manger plus sain, frais récolté et sans pesticides !

La permaculture, pour se passer du supermarché ?

Aller jusqu'à produire en "auto-suffisance", est-ce réellement possible ? Oui, selon les adeptes de la permaculture : un  jardin de 250 m2 auquel on consacre une heure par jour pourrait déjà répondre aux besoins en fruits et légumes d’une famille de quatre personnes; et sur une parcelle exploitée selon les principes très tendance de la permaculture, on peut espérer diviser cette surface par 2 au minimum, au mieux... par 5 ! Mais la permaculture, ce n'est pas seulement un gain de productivité, c'est toute une philosophie : d'après Charles Hervé-Gruyer, co-fondateur de la ferme du Bec Hellouin et auteur du livre "Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes" (Actes Sud, 2014) elle "repose sur une éthique - prendre soin de la terre, des Hommes, partager équitablement les ressources». Et sur «une observation extrêmement poussée du fonctionnement des écosystèmes naturels», notamment de la forêt.

Produire son alimentation... mais pas que !

Dans un ouvrage qui vient de paraître chez Eyrolles, "Vivre en autonomie à la campagne", un couple de Britanniques, Bella et Nick Irvin, expliquent comment ils sont parvenus quasiment à l'autosuffisance pour leur famille de quatre personnes,  sur leur ferme autonome baptisée Walnuts Farm. Il ne s'agit pas seulement de cultiver – leur potager et leur verger s'étalent sur un peu moins de 4000m2; le potager est divisé en carrés de 7,5/7,5m, et selon les principes de la permaculture, la terre n'est pas labourée (comme dans la nature, on laisse l'humus qui se crée faire fonction d'engrais; on utilise cochons et poules pour nettoyer le sol et le préparer avant les semis de printemps...) Mais l'autonomie suppose aussi l'élevage d'animaux pour les oeufs et la viande  (Bella et Nick Irvin renouvellent chaque année leur cheptel de poules, cochons, agneaux, oies, dindes...); l'installation d'une ruche, d'un cellier pour conserver les aliments (récoltes et conserves maison !); la plantation régulière d'arbres pour renouveller ceux qui seront coupés, et la création d'un grand abri où stocker le bois (il faut compter, selon les auteurs, 14 à 20 stères par an pour chauffer entièrement au bois une famille de quatre personnes). Vous l'aurez compris... l'autosuffisance, c'est un travail à plein temps !

 

Brigitte Valotto

 

En savoir plus : "Vivre en autonomie à la campagne", Editions Eyrolles, 24€

* sources chiffres : PromoJardin, Rustica, France Agrimer 2014.

Posté le 03/04/2017