Dix conseils pour se prémunir des cambriolages

Lutter contre les cambriolages

Le mois d'août est à risque : c'est l'un de ceux que préfèrent les cambrioleurs, selon une récente étude*. Nos conseils en dix points pour déjouer leurs tentatives.




Le nombre de cambriolages a augmenté en France durant les derniers mois, selon les  chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur en juin dernier : 62 079 maisons ont été cambriolées en mars, avril et mai. De façon générale, les statistiques portant sur les délits touchant aux logements sont alarmantes : les voleurs commettent 1 délit toutes les 30 secondes. Soit plus d’un million chaque année, chiffre en augmentation de 21% entre la période 2006-2010 et 2011-2015. Comment vous protéger ?

1. Evaluez les risques
Vous habitez une grande maison dans une grande ville, notamment en région parisienne mais aussi dans le sud de la France ? Attention, vous faites partie des cibles préférées des voleurs : selon une étude publiée par Kiwatch, spécialiste de la "vidéobienveillance", le risque d’être cambriolé augmente avec la surface des logements. Ainsi, il croit de 20% si l’habitation dépasse les 100 mètres carrés et de 40% si elle dépasse les 150 mètres carrés. Les zones urbaines, notamment les villes de plus de 100 000 habitants et leurs périphéries, sont les plus prisées : la région parisienne, c'est en moyenne 26% de risques en plus d'être cambriolées, dans le Sud-Ouest, 20% et dans le Sud-Est, 11%.  Par ailleurs, certaines populations sont plus menacées que d'autres : c’est le cas des familles monoparentales  (+ 24% par rapport à la moyenne des français), mais aussi des artisans, cadres et chefs d’entreprises (+34%).

2. Identifiez les points faibles de votre maison
La majorité des cambrioleurs entrent tout simplement... par la porte ! Selon l'étude Kidiwatch,c'est le cas dans 58% des cas ! Tandis que 30% des logements visités ont été la victime de monte-en-l'air passant par la fenêtre. Si votre porte n'est pas munie d'un bon verrou trois points, si vos fenêtres n'ont pas de volets, il est sans doute utile de songer à les équiper de ce minima. Une serrure A2P 3?étoiles est censée résister 15?min à une attaque. Sachez aussi que la présence d’un digicode sur la porte d’entrée ou le portail fait diminuer de 15% le risque de cambriolage. Prenez encore davantage de précautions si vous avez une terrasse, des baies vitrées, des balcons facilement accessibles, ou encore si vous vivez dans un rez-de-chaussée, ou dans une maison isolée d'un quartier résidentiel.

3. Faites croire que vous êtes là
Bien sûr, les périodes préférées des voleurs sont celles des vacances : les mois de juillet, août et décembre, avec la période de Noël, sont celles qui enregistrent le plus de cambriolages. Une bonne parade : faire croire que vous êtes là, même quand vous n'y êtes pas ! Il existe des simulateurs de présence, permettant notamment d'allumer les lumières ou de relever les stores en votre absence, à des horaires programmés (pas toujours les mêmes !) Mais demandez aussi à un proche ou à des voisins de venir relever le courrier : une boîte aux lettres qui déborde, c'est un signe infaillible de votre absence, que les voleurs repèrent facilement. De même, des poubelles qui ne sortent plus, des volets toujours clos...

4. Prévenez les voisins
Non seulement ils pourront venir vider la boîte aux lettres ou ouvrir les volets, mais aussi ouvrir l'oeil et appeler la police en cas de souci. Les réseaux sociaux facilitent aujourd'hui la communication de voisinage, en permettant de s'inscrire dans des communautés locales d'entraide. Une appli parmi les dernières nées, Mon Super Voisin, se base sur un système de matching géo-localisé pour mieux repérer les membres du réseau vivant à proximité et disposés à s'entraider.

5. Prévenez la police
Pendant l'été, les polices municipales ont mis en place depuis plusieurs années l'opération "Tranquillité vacances”. Muni d’un justificatif de domicile et d’une pièce d’identité, vous pouvez déclarer au commissariat de police municipale (voire en ligne, sur le site de votre mairie, pour certaines villes) les dates auxquelles vous serez absent de chez vous. Un policier passera au moins une fois par jour à votre domicile pour s’assurer qu’il n’a pas été cambriolé.

6. Prenez un gardien
Selon l'étude Kidiwatch, la présence d’un gardien est parmi les protections les plus efficaces : elle fait reculer de 30% le risque de subir une intrusion à son domicile. Tant mieux s'il y en a un dans votre immeuble, mais si vous vivez en résidence individuelle, pensez au "home sitting" : issu de l'économie collaborative et solidaire, ce système d'entraide a de plus en plus de succès. Le principe ? Vous proposez à une personne, ou un couple (généralement des retraités) de venir s'installer chez vous pendant vos vacances. En échange, ils vous rendent de menus services, arrosent les plantes vertes, chouchoutent le chat... et dissuadent les cambrioleurs ! Bien sûr, mieux vaut habiter une région touristique pour attirer les volontaires. On peut passer ou répondre à des annonces de gardiennage bénévole sur des sites comme senioravotreservice.com, mais aussi s'inscrire sur des sites spécialisés  comme http://www.gardiennage-vacances.fr/ (inscription gratuite) ou http://www.partirtranquille.com (à partir de 29 euros la semaine).

7.  Adoptez des systèmes de protection efficaces
Attention, tous les systèmes de sécurité ne se valent pas, comme le révèle Laurent Criado, auteur de "Immobilier : le guide pratique anti-cambriolage", qui vient de paraître aux éditions Barakom. Le choix est large, entre détecteurs d’ouverture, détecteurs volumétriques, périmétriques, périphériques, systèmes de télésurveillance... Les simples alarmes reliées à des détecteurs d'ouverture représentent le système le plus répandu, mais elles ont leurs inconvénients. Elles se déclenchent à l'ouverture d'une porte ou fenêtre, donc ne fonctionneront pas si le voleur se contente de briser la vitre, sans ouvrir la fenêtre. Les voleurs sont également passés maîtres dans l'art de les neutraliser : ils n'hésitent pas à décrocher les haut-parleurs et à les plonger dans l’eau, voire à vaporiser de la mousse à expansion dessus. Enfin, il arrive souvent qu'elles se déclenchent à tort, ce qui minimise leur efficacité : les voisins vont s'y habituer et ne réagiront pas lorsqu'un cambrioleur sera vraiment cause du déclenchement ! Plus sophistiqués, les détecteurs de volume repèrent comme un scanner les mouvements par infrarouge : mais il faut savoir les placer aux bons endroits – ceux où le voleur passera forcément, comme l'entrée – et bien les régler pour éviter tout déclenchement intempestif. On peut aussi en installer à l'extérieur, dans le jardin – mais là encore, attention qu'ils ne se déclenchent pas au moindre passage du chat. Une alarme qui sonne sans raison peut vous valoir une amende de 3e classe - 450 € au maximum (art. R. 623-2 du code pénal et R. 48-1 à 5 du code de la santé publique). Pour vous conseiller, vous pouvez faire appel à une société de sécurité. 

8. Surveillez votre habitation à distance
Les abonnements à un système de télésurveillance, prévoyant une intervention à votre domicile en cas d'effraction, coûtent cher. Une bonne alternative : la vidéosurveillance. Une habitation équipée de caméras serait 22% moins ciblée qu’un logement non équipé. Et aujourd'hui, les caméras se démocratisent et se miniaturisent !  De plus en plus petites, de moins en moins chères, sans fil et connectées, elles peuvent s'installer partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, offrant une vision à 180° de jour et de nuit, et permettant de regarder à distance, grâce à des applis téléchargées sur votre smartphone ou votre ordinateur, ce qui se passe chez vous.  Ainsi, Logitech  (www.logitech.fr) propose sa "Circle 2", une caméra de surveillance pour le domicile ultra perfectionnée et discrète, à partir de 199 euros. Et en cas de problème, vous recevez un  message d'alerte par email ou sms, avec vidéo de la scène : à vous alors de prévenir la police ! Vous pouvez aussi coupler la vidéosurveillance à une sirène, à du gardiennage, entrer directement en contact avec la police en cas de problème ou faire appel à une communauté d'entraide... et à vos voisins : c'est le concept de "vidéobienveillance",  lancé par Kiwatch,  ( http://www.kiwatch.com). Cette start up,  créée en 2011 à Nantes par Cédric Williamson et Laurent Rocuet., démocratise l'accès à ce type de services pour les particuliers : dès 9.90€/mois et une première caméra à 29€.
Mais attention lorsque vous installez des caméras à l'extérieur : le champ visuel ne doit pas déborder sur la voie publique, sous peine de sanctions. Si vous respectez cette condition, vous n’avez aucune demande d’autorisation en mairie ou en préfecture à effectuer.

9. Faites profil bas
Ne tentez pas les cambrioleurs ! Evitez les "signes extérieurs de richesse" à l'extérieur de la maison, mais aussi... les systèmes de protection apparents. Celui ci pourrait en effet être perçu comme la preuve qu'il y a quelque chose à voler ! Voire comme un défi, un challenge à relever. Mieux vaut donc installer les alarmes ou les caméras à l'abri des regards, dans des endroits inaccessibles et discrets. A l'intérieur de la maison, ne laissez pas traîner à portée de vue et de main ce qui attire le plus les voleurs : ceux-ci ne déménagent plus les maisons, comme autrefois, mais emportent  dans 54% des cas des bijoux, dans 30% des cas du matériel HiFi, vidéo et photo, dans 29% des cas du matériel informatique et de l’argent liquide ou des chèques. Et cela, en l'espace d'une dizaine de minutes, temps que leur laisse en moyenne le déclenchement d'une alarme... et ils le savent ! Aussi, cacher ce qui les tente est un moyen assez efficace pour qu'une majorité de cambrioleurs repartent bredouilles; mais évitez les cachettes trop connues, comme le dessous du matelas, le dessus de l'armoire, ou la corbeille à linge sale. Et si vous avez des bijoux et objets de valeur, optez pour un coffre-fort scellé au sol, qui protège réellement et de façon efficace vos biens précieux.

10. Ne renseignez pas les cambrioleurs !
« Grâce aux réseaux sociaux, les cambrioleurs n'ont plus besoin de faire de repérage dans les rues pour passer à l'action, » constate Cédric Williamson, PDG de Kiwatch . En quelques clics, ils peuvent savoir si vous êtes chez vous ou pas... puisque c'est vous qui le dites ! Ainsi, les femmes semblent clairement prendre beaucoup plus de risques sur les réseaux sociaux que les hommes et publient allègrement photos ou vidéos de leurs vacances ou congés. Il est très dangereux de donner des indications sur sa présence ou non à son domicile. C'est le genre d'informations que les cyber-cambrioleurs recherchent activement et facilement sur Internet." D'autant que ces infos sont souvent "likées" par un bon nombre d'amis, ce qui rend les données accessibles à un cercle encore plus large d'utilisateurs proches, surtout si le profil et les publications sont publics.

Brigitte Valotto

 

Posté le 28/08/2017