Le Plan Epargne Logement (PEL) bientôt taxé à 30%

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Alors que son taux de rémunération est descendu à 1%, voilà en outre que ses revenus seront désormais soumis à un prélèvement de 30% dès la première année : souscrire un PEL aura-t-il encore un intérêt en 2018 ?

Si vous songiez à en ouvrir un pour vous ou vos enfants... c'est avant la fin de l'année qu'il faut le faire : à compter du 1er janvier prochain, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) instauré par le ministre de l'Economie, Bruno le Maire, entrera en vigueur.  Cet engagement de campagne du président Macron vise à simplifier l'imposition des revenus issus de l'épargne en imposant un taux d'imposition unique de 30% à tous les produits d'épargne et de rendement. Le PEL en fera partie.
Jusqu'à présent, ce placement bénéficiait d'une carotte fiscale jusqu'à sa douzième année : ce qu'il vous avait rapporté au fil des ans était soumis aux prélèvements sociaux mais échappait à l'impôt sur le revenu. Soit une taxation des intérêts de 15,5% (depuis 2012) au lieu de 39,5%. Pour les intérêts générés au-delà de la 12e année, en revanche, la fiscalité redevenait normale (15,5%+24%)

Ce qui change

Si vous ouvrez un PEL d'ici le 31 décembre prochain, vos intérêts sont donc taxés à 15,5% (jusqu'à la 12e année). Après cette date, ils seront taxés à 30%.
Pour les intérêts produits à compter de la 13e année, en revanche, la nouvelle fiscalité sera plus avantageuse: 30% contre 39,5% auparavant.
Quant à la rémunération, elle ne change pas : de moins en moins avantageuse, elle est passée de 2,5 % à 1 % depuis le 1er août 2016. Les gains peuvent être légèrement majorés de 1525 euros maximum, à condition de solliciter le prêt associé au PEL au moment de sa clôture.

Ce qui reste intéressant

L'atout du PEL reste, sur la durée, d'offrir la possibilité de se constituer une épargne bloquée avec un prêt immobilier à la clé : un PEL permet en effet d'emprunter jusqu'à 92.000 euros, au taux de 2,20%. De ce côté-là, rien ne change avec la réforme. Pour l'instant, avec des taux d'intérêt historiquement faibles, cette possibilité n'a rien de si attractif; cependant, dans douze ans, il se peut qu'elle en vaille la peine...  Le PEL peut donc rester un placement intéressant, par exemple, pour constituer une épargne à vos enfants tout en leur donnant la possibilité d'emprunter; cependant, l'épargne en faveur du logement devient, après 2018, moins bien rémunérée que le livret A...

Une mesure contestée

Les associations familiales, notamment, sont vent debout contre la réforme : ainsi,  Familles de France, " dénonce cette mesure qui, conjuguée à la baisse des APL, à l'augmentation des niveaux de loyers dans les zones tendues et à l'incapacité des bailleurs publics de répondre à la demande de logement social dans certains territoires, aura comme conséquence d'empêcher les familles les plus modestes de constituer une épargne leur permettant de devenir propriétaire."

 

Brigitte Valotto

 

Posté le 14/11/2017