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Immobilier : les femmes ne comptent pas pour des prunes...

Femme et Immobilier

A l'occasion de la Journée de la Femme, plusieurs sondages viennent souligner l'importance de madame dans l'acte d'achat : non seulement elle a souvent le dernier mot lorsqu'il s'agit de choisir le bien à acheter, mais en plus, son salaire pèse dans la balance au moment de signer le crédit...

 

Acheter un bien immobilier, c'est un acte perçu comme un engagement presque aussi fort – voire plus fort, pour certains – que le mariage ! C'est ce que révélait déjà une étude réalisée l'an dernier pour le courtier en ligne Vousfinancer.com. Cette année, le site s'est intéressé à la signature de ce crédit qui engage donc les deux co-acquérants devant notaire... qu'ils soient passés ou non devant monsieur le maire : "Acheter en couple n’implique pas forcément d’être marié… Il y a même aujourd’hui autant de couples qui achètent sans être marié qu’en ayant officialisé leur union, ce qui n’était bien sûr pas le cas chez la génération de nos parents et grands-parents", constate Jérôme Robin, président fondateur de Vousfinancer.

Leur petit nid deviendra grand...


Mariés ou non (35 % des emprunteurs sont mariés, 22 % sont en concubinage, 11 % sont pacsés*) l'immobilier reste donc très prioritairement un achat à deux, qui implique une vie à deux : d'où l'importance, peut-être, qu'y accordent les femmes, souvent moteurs de l'acte d'achat – les professionnels le savent, ce sont plus souvent elles qui incitent le couple à acquérir son logement et se lancent dans la recherche des petites annonces. Et si leur envie de se bâtir un petit  nid d'amour intervient avant même la naissance de bébé (51% des emprunteurs n'ont pas encore d'enfants), la fondation d'une famille  ne fait que renforcer le besoin de l'agrandir... et donc d'acheter encore :  sur les 49% de Français qui envisagent actuellement de déménager, 56% ont des enfants au foyer, révèle un sondage que vient de réaliser BVA pour Foncia et la presse régionale (par Internet auprès d’un échantillon de Français interrogés du 19 au 21 février 2018).

Elles ont le dernier mot...

Majoritaires à se lancer dans la recherche (même si l'acte de visiter les logements sélectionnés est ensuite équitablement partagé dans le couple) ces dames ont des critères de choix bien précis, un peu différents de ceux de leurs compagnons : sans doute plus pragmatiques, elles citent d'abord le prix du logement (prioritaire pour 60% d'entre elles, contre 57% pour les hommes qui sont une majorité à préférer d'abord le calme.) Elles les rejoignent sur leur deuxième critère, le calme aussi (50%) mais également la proximité de leur lieu de travail (26%), la luminosité (26%) et la proximité  des commerces (26%). Elles n'accordent pas la même importance que leurs maris  à la sécurité (ils sont 27% à citer ce critère qui vient en quatrième position chez eux, après le calme, le prix et la proximité de commerces, tandis que la luminosité semble leur être indifférente !) Quoi qu'il en soit, pas de doute : ce sont elles qui auront le dernier mot – différentes enquêtes le confirment, dont la plus récente donne 16,3% de pouvoir final aux femmes, contre 10,9% aux hommes, même si ces derniers sont plus souvent seuls dans le couple à rembourser le crédit (17,6% contre 11,7% - sondage Empruntis 2017).

Il est plus facile de convaincre son banquier grâce au salaire de madame

Même si les inégalités de salaire expliquent qu'elles aient souvent moins de capacités de remboursement, et qu'elles assument moins souvent un crédit toutes seules, les femmes jouent un rôle non négligeable dans le financement de l'achat immobilier. "A deux, les revenus sont plus élevés, ce qui permet au couple d’avoir une plus grande capacité d’emprunt et donc d’accéder plus facilement à la propriété, quand un seul salaire n’est pas toujours suffisant », résume ainsi Jérôme Robin. "Lorsque les emprunteurs sont seuls, ils sont 64 % à gagner moins de 2 000 € nets par mois, alors que 80 % des couples ont des revenus nets mensuels supérieurs à 2 000 €". Il est donc plus facile de convaincre son banquier grâce au salaire de madame ! D'ailleurs, les banques ne s'y trompent pas et  privilégient clairement les couples : elles demandent à un célibataire, proportionnellement, des revenus plus élevés, un "reste à vivre" plus important... et elles accordent des taux plus bas à ceux qui viennent les voir... à deux ! « Ce sont des clients de choix ! Lorsqu’ils achètent ensemble, ils ont souvent plus d’apport, mais surtout des revenus plus élevés qui donneront lieu à une double domiciliation des salaires, avec l’ouverture de deux comptes bancaires – voire trois, s’il y a un compte joint - et la souscription de livret A, PEL ou assurance-vie dans les années futures, lors de la naissance des enfants… En outre, certaines banques recommandent aux couples de souscrire une assurance de prêt à 100 % sur chaque tête, ce qui peut doubler le montant de la prime mensuelle. Enfin, lorsqu’il y a deux emprunteurs, le risque de perte d’emploi notamment et de non remboursement du crédit ne repose pas que sur une seule personne, ce qui sécurise davantage le projet », détaille Sandrine Allonier, responsable de relations banques chez Vousfinancer. Messieurs, vous voilà prévenus : avant de chercher la maison... cherchez la femme !

 

Brigitte Valotto

 

 

*Etude réalisée sur la base de 15 000 clients Vousfinancer financés en 2017

 

 

 

Posté le 07/05/2018